Sous-chef·fe de cuisine

FranceConfirmé·e

Questions d'entretien structurées pour Sous-chef·fe de cuisine, avec ce qu'une bonne réponse révèle pour chacune.

  1. ComportementaleGestion brigade en rush

    Décrivez un service où vous avez dû tenir la cuisine en l'absence du·de la Chef·fe titulaire. Qu'avez-vous fait sur le moment, et qu'avez-vous changé pour la suite ?

    Ce qu'une bonne réponse révèle

    Capacité à prendre la cuisine en autonomie sans déclencher d'inquiétude en salle : briefing brigade au début du service, décisions de carte (retraits éventuels selon stocks), gestion des envois, communication avec la salle, débrief avec le·la chef·fe au retour. Les candidat·e·s qui décrivent un service tenu uniquement comme stressant sans détailler les actions concrètes révèlent un manque d'autonomie réelle.

  2. ComportementalePilotage food cost

    Parlez-moi d'une fois où vous avez détecté un dérapage de food cost ou un problème de calibrage de portions. Comment l'avez-vous traité ?

    Ce qu'une bonne réponse révèle

    Vigilance et méthode : détection par inventaire ou contrôle de production, analyse des marges par fiche technique, identification de la cause (gaspillage, vol, portion non calibrée, prix fournisseur). Plan d'action structuré : révision des fiches techniques, contrôle de pesée à l'envoi, sensibilisation de la brigade. Bonus : le·la candidat·e quantifie l'écart corrigé en points de marge. Les candidat·e·s qui ne savent pas quel est le bon ratio food cost de leur établissement précédent ne pilotent pas la rentabilité de la cuisine.

  3. ComportementaleGestion brigade en rush

    Décrivez un conflit en brigade que vous avez dû arbitrer (entre cuisinier·ère·s, ou entre cuisine et salle). Comment l'avez-vous résolu ?

    Ce qu'une bonne réponse révèle

    Capacité à arbitrer sans prendre parti dans le moment du coup de feu, et à retraiter le sujet à froid en équipe. Bonus : le·la candidat·e décrit avoir mis en place un rituel de pré-service ou de débrief qui a réduit la fréquence des conflits. Les candidat·e·s qui décrivent uniquement j'ai recadré sans expliquer comment révèlent un management trop frontal qui finit en démissions de chef·fe·s de partie.

Playbook d'évaluation

Le rôle de Sous-chef·fe de cuisine se signale à travers quatre stades d'évaluation. Le service d'essai en cuisine (stade 3) est central : sans observation en situation réelle de coup de feu, il est très difficile de distinguer un·e candidat·e qui parle de cuisine d'un·e candidat·e qui la tient sous pression.

  1. Stade 1: Lecture du CV

    Cherchez la cohérence des établissements (un·e Sous-chef·fe issu·e de brasserie ne pilote pas comme un·e Sous-chef·fe issu·e de gastronomique), la stabilité (durée de poste minimale 18 mois en HCR cuisine où la rotation est élevée) et la progression visible (commis, chef·fe de partie, second·e de partie, sous-chef·fe). Discount : multiplication de postes de moins de 12 mois sans saut de poste ou de périmètre. Vérifiez la nature des établissements précédents : ticket moyen, type de cuisine (traditionnelle, gastronomique, bistronomique, collective), taille de brigade encadrée, présence éventuelle d'une étoile Michelin ou d'un guide reconnu.

  2. Stade 2: Entretien structuré (60 min)

    Utilisez le set de 15 questions ci-dessous en alternant behavioral, situational, technical, case et values. Présence du·de la Chef·fe de cuisine plus une personne RH ou le·la Responsable de restaurant selon la structure de l'établissement. Insistez sur les questions techniques (HACCP, fiches techniques, food cost) et situationnelles (gestion du coup de feu, conflit en brigade, remplacement chef titulaire).

  3. Stade 3: Essai en cuisine (3 à 5 heures rémunérées)

    Deux options selon la disponibilité du·de la candidat·e. Option 1 (préférée) : essai en service complet, déjeuner ou dîner (4 à 5 heures rémunérées), avec observation de la mise en place, tenue d'un poste (chaud ou garde-manger selon profil), envoi en plein coup de feu, communication avec la salle, gestion d'une demande spéciale (allergène, modification). Option 2 si l'essai en service est impossible : épreuve technique de 3 heures rémunérée sur un produit imposé (par exemple un poisson entier ou une pièce de viande) avec dressage final, plus un cas pratique écrit sur la révision d'une fiche technique et le calibrage portions.

  4. Stade 4: Références (vérification structurée)

    Appelez deux références : le·la dernier·ère Chef·fe de cuisine ou Responsable de restaurant, et un·e ancien·ne coéquipier·ère de brigade (chef·fe de partie ou second·e). Posez les mêmes 4 questions à chacun·e : Sur quoi est-il·elle le·la plus fort·e ? Sur quoi recruteriez-vous quelqu'un de complémentaire ? Le·la reprendriez-vous demain et pourquoi ? Un exemple concret d'une situation de tension (coup de feu difficile, absence du·de la chef·fe, livraison ratée) qu'il·elle a su gérer ? La 4e question est la plus révélatrice : un·e Sous-chef·fe qui n'a aucune histoire de tension racontable par ses pair·e·s n'a probablement pas tenu de service réellement difficile en autonomie.

Comment reconnaître une excellente recrue

CompétenceSous la barreAu niveauAu-dessus
Maîtrise technique culinaireReproduit ce qu'on lui dit mais ne sait pas écrire ou réviser une fiche technique. Dressages variables d'un envoi à l'autre. Pas de standard tenu sur les cuissons ou les sauces.Maîtrise les fondamentaux des trois grandes familles de cuisson, sait écrire et tenir des fiches techniques chiffrées, dressage stable et conforme au standard de l'établissement. Capable de remplacer chaque chef·fe de partie au pied levé.Référence technique pour la brigade : forme les chef·fe·s de partie sur les gestes, propose des améliorations de fiches techniques validées par le·la chef·fe. Capable d'écrire un manuel de production pour un nouvel établissement. Maîtrise des techniques avancées (sous-vide, fermentation, fumage maison) si pertinent pour la carte.
Gestion brigade en rushSubit le coup de feu plutôt que de le piloter : envois retardés, communication salle et cuisine cassée, plats qui partent froids. Stress visible qui se transmet à la brigade.Tient le service complet sans dégradation visible : briefing pré-service tenu, réallocation rapide des postes en cas d'imprévu, communication tenue avec la salle, gestion des demandes spéciales en temps réel. Capable de prendre la cuisine en autonomie en l'absence du·de la chef·fe.Anticipe le coup de feu par préparation et briefing : brigade alignée sur les flux attendus, mise en place validée par poste, plan de bascule prêt en cas d'absence. Reste lisible et accessible pour la brigade pendant le service. Capable de tenir 100 à 150 couverts par service sans dégradation.
Pilotage food costConnaît le coût matière mais pas le détail des ratios. Inventaires irréguliers, fiches techniques absentes ou non tenues. Réagit aux dérapages plutôt que de les anticiper.Cadence d'inventaire hebdomadaire, fiches techniques à jour, suivi mensuel des ratios food cost. Sait diagnostiquer un dérapage et activer les bons leviers (fournisseurs, portions, carte) en lien avec le·la chef·fe titulaire.Pilote par anticipation : ajuste fiches techniques et propositions de carte avant impact sur la marge. Maîtrise la négociation fournisseurs avec mise en concurrence régulière. Sensibilise la brigade à la valorisation des parures sans dégrader la créativité.
HACCP et hygièneConnaît les principes HACCP par sa formation mais ne tient pas les relevés au quotidien. Inspection DDPP redoutée. Pas de plan de nettoyage tenu avec preuves. Traçabilité allergènes incertaine.Plan de maîtrise sanitaire à jour, relevés de température tenus deux fois par jour, traçabilité fournisseurs documentée, formation hygiène de la brigade à jour, cahier allergènes tenu. Inspection DDPP sans non-conformité majeure.Référent·e hygiène de la cuisine : a déjà passé un contrôle DDPP avec zéro non-conformité, forme la brigade en continu, anticipe les sujets émergents (allergènes, traçabilité origines, gestion des déchets). Capable d'écrire ou de réviser un PMS pour un nouvel établissement.
Créativité menu et saisonnalitéReproduit la carte existante sans propositions. Pas de prise en compte de la saisonnalité dans les suggestions. Méconnaissance des produits locaux.Propose des plats saisonniers cohérents avec la ligne de la carte, valide ses propositions par fiche technique chiffrée et test en cuisine. Maîtrise les produits de saison de la région et les fournisseurs locaux principaux.Co-construit la carte avec le·la chef·fe titulaire : propositions structurées par saison, accord vin pré-validé, photo de dressage standardisée, prix de vente cohérent avec la cible food cost. Capable de porter une carte de saison en autonomie sur une période donnée.
Posture face au·à la chef·fe et coachabilitéExécute sans questionner ou résiste systématiquement. Pas de propositions structurées au·à la chef·fe. Reçoit le feedback de manière défensive ou en plein service.Pose les bonnes questions de cadrage, propose des alternatives quand un sujet bloque, reçoit le feedback critique en posture d'apprentissage et hors service. Communique les chiffres clés food cost et brigade sans attendre qu'on les demande.Partenaire de confiance du·de la chef·fe : pousse les sujets sensibles à temps et au bon moment, propose les bonnes priorités pour la saison, ajuste sa pratique après chaque feedback. Capable de dire non en proposant une alternative concrète et de tenir la cuisine en parfait alignement en l'absence du·de la chef·fe.

Plan 30/60/90 jours

À J+30

  • 1:1 individuels avec chaque membre de la brigade ; observation de chaque service en immersion les deux premières semaines avec prise progressive de poste
  • Audit complet des fiches techniques en place, identification des trois plats à plus faible marge et des trois plats à plus forte rotation
  • Cartographie des fournisseurs cuisine actuels avec contrats, échéances, qualité produit et interlocuteur·rice·s
  • Premier point structuré avec le·la Chef·fe titulaire sur les priorités à 90 jours et les irritants connus de la brigade

À J+60

  • Plan de révision des fiches techniques lancé sur les 10 plats principaux avec calibrage portions et coûts matière au gramme
  • Rituels brigade installés : briefing pré-service quotidien, débrief hebdomadaire, 1:1 mensuels avec chaque chef·fe de partie
  • Plan de maîtrise sanitaire vérifié et complété si nécessaire (relevés de température, traçabilité allergènes, plan de nettoyage avec preuves)
  • Première proposition de deux à trois plats saisonniers présentée au·à la chef·fe avec fiches techniques chiffrées et test en cuisine

À J+90

  • Ratio food cost en amélioration mesurable (au moins deux points gagnés si dérive initiale)
  • Cadence cuisine stable et tenue sur 8 à 10 semaines consécutives sans intervention permanente du·de la chef·fe sur les sujets quotidiens
  • Rotation brigade stabilisée : aucun départ non choisi depuis la prise de poste, premier·ère chef·fe de partie identifié·e pour évolution potentielle
  • Capacité validée à tenir la cuisine en autonomie complète sur au moins un service ou un week-end en l'absence du·de la chef·fe titulaire
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