Ingénieur·e électrique

FranceConfirmé·e

Questions d'entretien structurées pour Ingénieur·e électrique, avec ce qu'une bonne réponse révèle pour chacune.

  1. ComportementaleConception schémas électriques (See Electrical, EPLAN)

    Décrivez la dernière installation électrique que vous avez conçue de bout en bout, du cahier des charges à la mise en service : choix d'architecture, régime de neutre, dimensionnement des câbles et des protections, sélectivité, schémas, et levée de réserves à la réception. Qu'est-ce qui a marché, qu'est-ce qui a moins bien marché ?

    Ce qu'une bonne réponse révèle

    Capacité à raconter un cycle de conception complet avec des éléments concrets sur les 4 dimensions clés (cahier des charges chiffré en puissance et environnement, justification du régime de neutre et de l'architecture, dimensionnement et sélectivité, mise en service avec levée de réserves). Bonus : la·le candidat·e mentionne spontanément un écart entre la conception théorique et le comportement réel sur site, et ce qu'il·elle en a tiré pour les conceptions suivantes. Les candidat·e·s qui décrivent une installation parfaitement réussie sans accroc révèlent soit un cas trop simple, soit un manque de regard critique. Discount : candidat·e·s qui parlent uniquement de schémas sans aborder la phase mise en service ; signal d'un profil projeteur·euse plutôt qu'ingénieur·e.

  2. ComportementaleDimensionnement et calculs (BT/HT, harmoniques)

    Parlez-moi d'une étude de dimensionnement non triviale que vous avez conduite (par exemple une armoire BT avec contraintes de sélectivité, une distribution HT/BT avec compensation d'énergie réactive, ou une installation avec présence d'harmoniques). Quelles ont été vos hypothèses, comment les avez-vous validées, et qu'avez-vous fait des résultats ?

    Ce qu'une bonne réponse révèle

    Maturité dans la pratique du dimensionnement : la·le candidat·e décrit explicitement les hypothèses de calcul (bilan de puissance, coefficients de simultanéité et d'utilisation, foisonnement, températures ambiantes, mode de pose), justifie le choix des sections et des protections par les normes applicables (NF C 15-100, CEI 60364, guide UTE C 15-105), traite la sélectivité (ampèremétrique, chronométrique, logique) avec courbes de déclenchement, intègre la problématique harmoniques (rang 3, 5, 7) si la charge le justifie. Bonus : la·le candidat·e mentionne avoir documenté la note de calcul de manière à ce qu'elle soit reprenable par un·e autre ingénieur·e ou auditable par un·e organisme de contrôle (Apave, Bureau Veritas, Socotec, Dekra). Discount : candidat·e·s qui décrivent un dimensionnement comme une simple sortie de logiciel (Caneco BT, Ecodial) sans interprétation critique des résultats ; signal de pratique superficielle.

  3. ComportementaleConception schémas électriques (See Electrical, EPLAN)

    Décrivez une situation où votre conception initiale a posé un problème en mise en service ou en exploitation (déclenchement intempestif, défaut d'isolement, échauffement anormal, déclassement, non-conformité au contrôle réglementaire). Comment l'avez-vous identifié, et comment l'avez-vous corrigé ?

    Ce qu'une bonne réponse révèle

    Maturité dans le dialogue conception terrain : la·le candidat·e a un retour régulier (présence en mise en service, lecture des rapports de contrôle Q18 ou organisme agréé, échanges avec les électricien·ne·s de maintenance), identifie la cause racine (sélectivité mal calée, sous-dimensionnement thermique de l'armoire, choix de régime de neutre inadapté, pollution harmonique non anticipée), corrige la conception avec une boucle de validation (vérification par mesure ou par essai sur site), et documente le retour d'expérience pour les conceptions suivantes. Bonus : la·le candidat·e mentionne une évolution de ses propres standards de conception ou d'un guide interne. Discount : candidat·e·s qui rejettent la cause sur l'installateur ou le client ; signal d'un profil bureau d'études sans posture d'amélioration continue.

Playbook d'évaluation

Le rôle d'ingénieur·e électrique en PME industrielle s'évalue en 3 stades. Le cas pratique technique (stade 2) est central : sans mise en situation concrète sur un schéma électrique ou un dimensionnement d'armoire, il est très difficile de distinguer un·e candidat·e qui parle de méthode d'un·e candidat·e qui sait l'appliquer sur un cahier des charges contraint en sécurité électrique, en normes et en coût.

  1. Stade 1: Lecture du CV et entretien téléphonique (30 min)

    Cherchez la cohérence entre le type d'installations électriques conçues (armoires BT industrielles, distribution HT/BT site industriel, automatisme et supervision SCADA, équipements embarqués, installations tertiaires) et le profil prétendu. Discount : profils 100 % bureau d'études sans phase de mise en service (souvent appelés ingénieur·e·s électrique alors qu'ils sont projeteur·euse·s en schémas), profils issu·e·s uniquement de SSII ingénierie sans expérience donneur d'ordre, et succession de missions de 6 à 9 mois sans cycle d'installation complet. Pendant l'entretien téléphonique, trois questions seulement : (1) Décrivez la dernière installation électrique que vous avez conçue en répondant à 4 questions précises : cahier des charges (puissance, environnement, normes applicables), choix d'architecture et de matériel, schémas et dimensionnement, mise en service et levée de réserves, (2) Quel est le défi technique le plus difficile que vous avez eu à résoudre et comment l'avez-vous traité, (3) Pourquoi un changement maintenant. Sortie : go / no-go en 5 min de débrief.

  2. Stade 2: Cas pratique technique schéma et dimensionnement (120 min)

    Donnez un brief réaliste 72 h avant l'entretien : par exemple, dimensionner une armoire de distribution BT pour un atelier industriel répondant à un cahier des charges précis (puissance totale, nature des charges, environnement IP, contraintes de sélectivité, normes NF C 15-100 et CEI 61439 applicables). Demandez un livrable écrit en 4 à 6 pages (note de dimensionnement : bilan de puissance, choix du régime de neutre, calcul des sections de câbles, dimensionnement des protections avec courbes de déclenchement, étude de sélectivité, plan d'armoire coté, schéma unifilaire, estimation coût matériel) puis discussion technique de 90 min avec un·e pair·e ingénieur·e électrique. Évaluez la rigueur de la méthode, la maîtrise des normes (NF C 15-100, NF C 15-105, CEI 61439, CEI 60364), la pertinence du choix de régime de neutre (TT, TN-S, TN-C, IT) en fonction de l'environnement, la cohérence du tolérancement thermique (échauffement armoire, déclassement) et la sensibilité à la sélectivité et à la coordination des protections. Les candidat·e·s qui livrent un beau schéma sans note de calcul ni justification normative révèlent un profil projeteur·euse plutôt qu'ingénieur·e.

  3. Stade 3: Entretien valeurs, atelier et références

    60 min en duo avec un·e pair·e (responsable bureau d'études, responsable maintenance électrique, responsable méthodes) pour pondérer la dimension terrain, dialogue avec les équipes de mise en service et capacité à travailler avec les électricien·ne·s sur la levée de réserves. Inclure une visite de l'atelier de câblage d'armoires ou d'une installation existante et un échange informel avec un·e technicien·ne câbleur·euse ou un·e électricien·ne de maintenance : la·le candidat·e qui pose des questions précises sur les pratiques de câblage, les couples de serrage, les défauts récurrents en mise en service révèle un vrai dialogue conception terrain. Suivi d'appels de référence structurés : 2 références minimum, un·e ancien·ne sponsor (responsable bureau d'études, directeur·rice technique) et un·e ancien·ne pair·e terrain (responsable maintenance électrique, chef·fe de chantier électrique). Posez les 4 mêmes questions : Sur quoi est-il·elle le·la plus fort·e, Sur quoi recruteriez-vous quelqu'un de complémentaire, Le·la reprendriez-vous demain et pourquoi, Un exemple de moment où une conception a posé problème en mise en service ou en exploitation et comment il·elle a réagi. La 4e question est le signal le plus important.

Comment reconnaître une excellente recrue

CompétenceSous la barreAu niveauAu-dessus
Conception schémas électriques (See Electrical, EPLAN)Modélise des schémas simples mais peine à structurer un dossier multi-folio de plus de 50 pages. Pas de stratégie de nomenclature, de gestion des borniers ou de références croisées. Production irrégulière, schémas difficiles à lire ou à câbler.Maîtrise opérationnelle d'au moins un logiciel de schématique de référence (EPLAN Electric P8, See Electrical Caneco BT, AutoCAD Electrical) sur des dossiers de 50 à 200 pages. Organise le dossier avec discipline (structure type CEI 81346, nomenclature, borniers, plans d'implantation et de câblage). Schémas conformes aux pratiques de lecture en atelier et en mise en service.Référent·e schématique électrique dans l'entreprise : capable de structurer un dossier complet sur une installation industrielle de plus de 500 pages, avec stratégie de réutilisation (macros, blocs typiques, bases de données matériel partagées). Les ingénieur·e·s junior·e·s viennent observer sa méthode. Met en place ou maintient des standards schémas internes (templates, blocs typiques, règles de nommage).
Dimensionnement et calculs (BT/HT, harmoniques)Lance des dimensionnements via un logiciel (Caneco BT, Ecodial) sans hypothèses explicites ni interprétation critique des résultats. Pas de sensibilité aux coefficients d'utilisation et de simultanéité. Choix de protections par habitude sans justification de courbe ni de sélectivité.Conduit des dimensionnements BT complets sur un logiciel de référence (Caneco BT, Ecodial Advanced Calculation, Elec Calc). Documente le bilan de puissance, justifie les sections par les normes (NF C 15-100, guide UTE C 15-105, CEI 60364), traite la sélectivité (ampèremétrique, chronométrique, logique). Sait quand confier à un·e calculateur·rice spécialisé·e les cas avec harmoniques importants ou les études de réseau HT.Référent·e dimensionnement dans l'entreprise : capable de mener des études de sélectivité sur 3-4 niveaux, des études d'harmoniques avec spectre mesuré, des calculs de court-circuit en réseau maillé HT/BT, et des études de compensation d'énergie réactive en présence d'harmoniques. Sait défendre une note de calcul devant un·e auditeur·rice externe (organisme de contrôle, autorité environnementale ICPE, donneur d'ordre exigeant). Met en place des standards de dimensionnement dans l'entreprise.
Normes NF C 15-100, CEI 61439Cite les normes par habitude sans en maîtriser les exigences opérationnelles. Méconnaissance des points de contrôle Q18 et Q19 par les organismes agréés. Pas de dialogue structuré avec le contrôle réglementaire. Conceptions souvent non conformes ou en limite de conformité.Maîtrise opérationnelle de la NF C 15-100, du guide UTE C 15-105, de la CEI 61439 pour les ensembles d'appareillage BT, et de la NF C 18-510 pour la prévention du risque électrique. Sait dialoguer avec un·e organisme de contrôle agréé (Apave, Bureau Veritas, Socotec, Dekra) sur les rapports Q18 et Q19. Anticipe les non-conformités courantes en conception (continuité des PE, IP en zones humides, sélectivité différentielle, signalétique).Référent·e normes électriques dans l'entreprise : capable de mener une revue normative complète sur une installation neuve ou en rénovation, de former les autres ingénieur·e·s sur les évolutions normatives (mise à jour NF C 15-100, transposition CEI 60364), et de défendre la conformité devant un·e auditeur·rice externe. Maîtrise des normes HTA (NF C 13-100, NF C 13-200) si périmètre. Connaît les exigences ATEX (directive 2014/34/UE) et les bases CEM (CEI 61000) pour les installations sensibles.
Automatisme et SCADAConnaît un automate par catalogue mais peine à lire un programme existant. Pas de pratique opérationnelle de TIA Portal, Unity ou Studio 5000. Méconnaissance des langages CEI 61131-3 et des protocoles industriels (Profinet, Modbus). Dialogue limité avec les automaticien·ne·s.Lit et modifie un programme automate sur au moins une plateforme de référence (Siemens TIA Portal, Schneider EcoStruxure Control Expert ou Unity, Rockwell Studio 5000) en langage à contacts ou FBD. Connaît les bases des protocoles industriels (Profinet, Profibus, Ethernet/IP, Modbus TCP) et de la supervision (Wonderware, PcVue, WinCC). Dialogue structuré avec les automaticien·ne·s sur les interfaces.Référent·e automatisme dans l'entreprise : capable de cadrer un développement d'automatisme complet (analyse fonctionnelle, choix plateforme, architecture réseau, intégration SCADA avec base de données historiques), d'auditer un programme existant et de proposer des évolutions. Sait dialoguer avec un·e intégrateur·rice externe et défendre les choix techniques. Connaît les enjeux de cybersécurité industrielle (norme CEI 62443) en bonus.
Habilitations électriques (B1V/H1V/BR)Détient une habilitation par formation initiale mais sans culture sécurité opérationnelle. Méconnaissance des procédures de consignation et de la NF C 18-510. Pas de port systématique des EPI. Pas de plan de prévention pour les interventions d'entreprises extérieures.Habilitations à jour avec recyclage triennal effectif (B1V, B2V, BR, BC en BT ; H1V, H2V, HC en HTA selon périmètre). Maîtrise des procédures de consignation électrique (4 étapes : séparation, condamnation, identification, vérification d'absence de tension et mise à la terre). Port systématique des EPI adaptés au niveau de tension. Plan de prévention systématique pour les interventions d'entreprises extérieures (décret 92-158).Référent·e sécurité électrique dans l'entreprise : capable de former et habiliter en interne, de mener une analyse de risque électrique complète sur une installation existante ou nouvelle, de rédiger les instructions de sécurité applicables au site, et de gérer le retour d'expérience sur les presque-accidents électriques. Sait dialoguer avec l'inspection du travail et la CARSAT sur les obligations sécurité électrique.

Plan 30/60/90 jours

À J+30

  • Cahier des charges des projets en cours validé avec les sponsors techniques et les utilisateur·rice·s métier (production, maintenance, qualité, achats, automatisme)
  • Entretiens 1:1 documentés avec chaque partie prenante clé du bureau d'études et de la maintenance (responsable bureau d'études, responsable maintenance électrique, responsable méthodes, responsables d'atelier de câblage, fournisseur·euse·s critiques) pour aligner sur les attentes et identifier les points de vigilance techniques
  • Cadence de pilotage installée pour les projets pris en main : revue de conception bi-mensuelle, point mise en service hebdomadaire en phase chantier. Premières notes de dimensionnement et schémas produits et archivés en gestion documentaire
  • Visites de l'atelier de câblage et des installations existantes pour calibrer les moyens disponibles, les pratiques de câblage et les défauts récurrents en exploitation ; lecture des derniers rapports Q19 et rapports d'incident électrique interne

À J+60

  • Première conception électrique majeure livrée (schémas unifilaires et multifilaires, note de dimensionnement, étude de sélectivité, dossier matériel, dossier de conformité aux normes applicables) ou plan de rattrapage validé en revue de conception si dérive constatée. Mise en service lancée ou validation par essai conduite avec critères d'acceptation explicites pour le contrôle Q18
  • Analyse de risque électrique conduite si pertinent (projet d'installation neuve ou rénovation significative) ; dossier de conformité NF C 15-100 et CEI 61439 alimenté
  • Standards de conception internes audités : pratiques schématique (templates, bibliothèques, règles de nommage), pratiques de dimensionnement, pratiques d'automatisme. Propositions d'amélioration formulées en revue de conception
  • Boucle conception terrain établie avec la maintenance et les équipes de mise en service : revue des défauts en exploitation, ajustement des standards de conception, mise à jour des guides internes si nécessaire

À J+90

  • Cadence projet stable et tenue depuis 6 à 8 semaines (aucun jalon glissé sans signalement, indicateurs de pilotage à jour, comptes-rendus systématiques en GED)
  • Premier reporting mensuel structuré au·à la responsable bureau d'études ou au·à la directeur·rice technique sur l'avancement des projets, les risques actifs (techniques, normatifs, fournisseur·euse·s, mise en service), les arbitrages demandés
  • Au moins une boucle de retour d'expérience documentée et intégrée aux standards de conception internes (par exemple un défaut récurrent corrigé sur les futures conceptions, un nouveau choix de régime de neutre validé, une règle de sélectivité révisée)
  • Bilan formel avec le·la sponsor technique : axes de progression identifiés pour les 90 jours suivants, ajustements éventuels du périmètre projet ou de la cadence de pilotage
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