Développeur·euse Full-stack

FranceConfirmé·e

Questions d'entretien structurées pour Développeur·euse Full-stack, avec ce qu'une bonne réponse révèle pour chacune.

  1. ComportementaleDécision technique

    Décrivez la décision technique la plus difficile que vous avez prise sur votre dernier poste. Pourquoi était-elle difficile et comment l'avez-vous tranchée ?

    Ce qu'une bonne réponse révèle

    Capacité à structurer une décision sous incertitude : identification des contraintes, arbitrages explicites, consultation des parties concernées, validation a posteriori avec données. Bonus : la·le candidat·e mentionne avoir changé d'avis en cours de route ou avoir documenté la décision pour les futur·e·s. Les candidat·e·s qui décrivent une décision « évidente » avec recul révèlent qu'ils·elles n'ont jamais vraiment arbitré.

  2. ComportementaleDebug et investigation

    Parlez-moi d'un bug en production que vous avez résolu. Quel était le symptôme, comment avez-vous diagnostiqué, et combien de temps a-t-il fallu ?

    Ce qu'une bonne réponse révèle

    Méthode de debug structurée : reproduction, logs, instrumentation, hypothèses validées par expérimentation. Honnêteté sur la durée (un vrai bug de prod dure rarement < 30 min). Bonus : la·le candidat·e cite la cause profonde et le correctif systémique (pas seulement le hotfix). Les réponses « j'ai redémarré le service » sans diagnostic révèlent une faiblesse d'investigation.

  3. ComportementaleApprentissage et humilité

    Décrivez un moment où vous avez dû refactorer ou réécrire du code que vous aviez vous-même écrit quelques mois auparavant. Que s'était-il passé entre-temps ?

    Ce qu'une bonne réponse révèle

    Humilité technique et capacité à apprendre. Bonus : la·le candidat·e identifie ce qu'il·elle aurait fait différemment dès le départ. Les candidat·e·s qui n'ont « jamais vraiment dû refactorer leur code » mentent ou n'ont pas porté de code en production sur la durée.

Playbook d'évaluation

Le rôle de Développeur·euse Full-stack se signale à travers cinq stades d'évaluation. Le test technique (stade 4) doit être réaliste et borné dans le temps : un test de 8h prend 24h en pratique, démotive les bon·ne·s candidat·e·s et n'évalue pas mieux qu'un test de 2-3h bien construit.

  1. Stade 1: Lecture du CV

    Cherchez la cohérence stack (un·e profil React + Python ne se replonge pas dans Java sans 3-6 mois de réadaptation), la stabilité (durée minimale 18-24 mois sur les postes précédents), et les signaux d'autonomie (projets perso, contributions open source, side-projects). Le diplôme compte moins que les 3-5 dernières années d'expérience : un·e autodidacte avec 5 ans de production solide vaut plus qu'un·e diplômé·e top école avec 2 ans de stage prolongé.

  2. Stade 2: Phone screen (30 min)

    Trois questions seulement : (1) « Décrivez le projet le plus récent dont vous êtes le·la plus fier·ère ; quelle a été votre contribution exacte ? », (2) « Quelle décision technique avez-vous prise récemment dont vous doutez encore ? » (humilité et rétrospection), (3) « Pourquoi un changement maintenant ? ». Sortie : go / no-go en 5 min, pas plus. Évitez les questions « gotcha » techniques à ce stade.

  3. Stade 3: Entretien technique (60-90 min)

    Pair-programming ou code review sur un exercice borné (45-60 min), suivi de 15-30 min de Q&A sur l'architecture et les décisions techniques. Évaluez la capacité à raisonner à voix haute, à demander des clarifications, à itérer. Évitez les algorithmes purement académiques sans rapport avec le métier ; privilégiez un exercice qui ressemble au quotidien (refactoring, ajout d'une feature, debug d'un cas non couvert).

  4. Stade 4: Mise en situation système (60 min)

    Discussion d'architecture sur un cas concret : « Comment concevriez-vous un système de [feature spécifique au produit] ? » Évaluez la capacité à clarifier les contraintes avant de proposer, à arbitrer entre simplicité et scalabilité, à reconnaître les zones d'incertitude. C'est le stade le plus prédictif pour un·e Full-stack qui devra prendre des décisions techniques en autonomie en PME.

  5. Stade 5: Références (vérification structurée)

    Appelez deux références : un·e ancien·ne lead tech ou manager direct et un·e ancien·ne collègue développeur·euse. Posez les mêmes 4 questions : « Sur quoi est-il·elle le plus fort·e ? », « Sur quoi recruteriez-vous quelqu'un de complémentaire ? », « Le·la reprendriez-vous demain ? », « Un exemple de décision technique difficile prise en autonomie ? ». La 4e question révèle le vrai signal d'autonomie.

Comment reconnaître une excellente recrue

CompétenceSous la barreAu niveauAu-dessus
Solidité techniqueBute sur les fondamentaux (HTTP, transactions DB, asynchrone). Cherche les solutions par essai-erreur sans modèle mental clair. Difficile à charger sur un nouveau langage ou framework.Maîtrise la stack actuelle en autonomie. Sait apprendre un nouveau framework en 2-4 semaines. Comprend les fondamentaux suffisamment pour déboguer en profondeur quand nécessaire.Référent·e technique sur sa stack et capable de basculer sur une nouvelle stack en quelques semaines. Anticipe les pièges classiques (race conditions, fuites mémoire, edge cases). Construit des abstractions utiles, pas prématurées.
Design système et pragmatismePlonge dans le code sans clarifier les contraintes. Sur-conçoit (microservices pour un MVP) ou sous-conçoit (monolithe spaghetti à 50 k LOC). Difficile à arbitrer entre simplicité et scalabilité.Clarifie le besoin avant de coder. Pragmatique sur les arbitrages : ne sur-conçoit pas pour le futur incertain, mais identifie les zones où un peu de structure paiera. Sait pivoter quand l'hypothèse initiale ne tient pas.Conçoit des systèmes qui vieillissent bien : abstractions justes, dépendances minimales, frontières métier claires. Reconnaît ses zones d'incertitude et propose des POCs ciblés. Forme l'équipe sur la pensée systèmes.
Qualité et hygiène du codePas de stratégie de test claire ; ajoute des tests « pour faire couverture ». Code mal structuré (composants à 500 lignes, copier-coller, magic numbers). Reviews superficielles.Pyramide de tests pertinente sur les zones métier. Code lisible avec naming clair et fonctions courtes. Reviews structurées avec feedback actionnable. Refactor au passage quand pertinent.Référence de l'équipe sur la qualité : conventions documentées, automatisation des contrôles (linters, type-checkers, CI). Reviews pédagogiques qui font progresser les junior·e·s. Sait dire non à du code qui passe les tests mais qui vieillira mal.
Autonomie et débrouillardiseBloque sur un sujet inconnu sans demander d'aide pendant des heures, ou demande de l'aide au moindre obstacle. Pas de stratégie de debug structurée.Sait diagnostiquer en autonomie sur les sujets familiers, demande de l'aide après une investigation préalable (résumé du problème, hypothèses, ce qui a déjà été essayé).Débrouillardise élevée sur des sujets non familiers : lit le code source des dépendances, instrumente le runtime, isole les causes profondes. Documente les apprentissages pour l'équipe.
Communication et jeu d'équipeExplique mal son travail aux non-techniques. Posture défensive en review. Travaille en silo, partage peu son contexte. Posture d'opposition systématique face aux PMs / designers.Sait expliquer son travail à un·e PM ou un·e dirigeant·e en langage clair. Reçoit la review constructivement. Partage son contexte en revues d'équipe et 1:1.Pont entre la tech et les autres fonctions. Anime les debriefs techniques, vulgarise les arbitrages, négocie les timelines de manière transparente. Référence dans l'équipe pour la communication transverse.

Plan 30/60/90 jours

À J+30

  • Setup complet de l'environnement local et déploiement d'une PR en production (même triviale) validée
  • Lecture et compréhension du code des 3 modules les plus critiques de la stack métier
  • Premier 1:1 documenté avec la·le tech lead sur les conventions, la dette identifiée, et les priorités
  • Première PR substantive (fix de bug ou petite feature) reviewée et mergée

À J+60

  • Livraison d'une feature complète bout en bout (front + back + déploiement) en autonomie
  • Première review de PR d'un·e collègue avec feedback structuré, sans juste cliquer approve
  • Premier on-call ou astreinte (si applicable) avec gestion d'au moins un incident
  • Documentation rédigée ou mise à jour sur un module récemment touché

À J+90

  • Livraison régulière (1-2 PRs par semaine) avec qualité validée par l'équipe en review
  • Première décision technique en autonomie sur un sujet ambigu (refactor, choix de librairie, design)
  • Mentorat informel d'un·e junior ou nouveau·elle arrivant·e (pair-programming, reviews pédagogiques)
  • Bilan formel avec la·le tech lead : ramp validé, plan de progression sur 1-2 axes prioritaires
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