Pour une entreprise française, la Belgique passe souvent pour une extension naturelle : même langue, même fuseau, deux heures de Thalys. L’annonce part en français, et elle couvre effectivement une partie du pays. Le problème est de croire qu’elle couvre le pays.
Le problème : le français vous donne deux régions sur trois
La Belgique a trois langues officielles et trois Communautés. Le néerlandais est la langue de la Flandre, qui représente la majorité de la population ; le français celle de la Wallonie et, avec le néerlandais, de Bruxelles-Capitale ; l’allemand celle des cantons de l’Est.
Une offre rédigée uniquement en français atteint donc la Wallonie et une partie de Bruxelles. Elle n’atteint pas la Flandre — et pas parce que les candidatures flamandes ne liraient pas le français, mais parce qu’elles ne cherchent pas en français. Les requêtes ne sont pas les mêmes, et les canaux non plus.
La méthode : décider la langue avant le canal
Les canaux publics d’abord, parce qu’ils sont quatre et non un. Le Forem en Wallonie, Actiris à Bruxelles, VDAB en Flandre, et l’Arbeitsamt der Deutschsprachigen Gemeinschaft pour la Communauté germanophone, qui gère son propre portail depuis Eupen et Saint-Vith. Ce sont des organismes distincts, avec leurs compétences propres, et en Belgique ils comptent comme canaux de recrutement à part entière plutôt que comme dernier recours.
Puis la presse et les plateformes commerciales, qui suivent la même ligne. Références s’adresse au lectorat francophone, adossé au groupe Rossel qui publie Le Soir ; Jobat au lectorat néerlandophone. Ce ne sont pas deux concurrents sur un même marché, mais deux titres sur deux marchés voisins.
Enfin la couche internationale, qui ne demande aucun arrangement local. Indeed et LinkedIn n’ont pas de contrat par pays. Stepstone commercialise la Belgique, ce qui en fait le seul site de cette page qu’un dispositif de diffusion continental transporte déjà tel quel. Google for Jobs indexe une offre correctement balisée sans relation commerciale.
Ce que ça coûte
Deux versions d’une même annonce, quand le poste le justifie. C’est la dépense réelle, et elle est faible comparée à une diffusion qui rate la moitié nord du pays.
Le poste bruxellois est le cas le plus souvent mal arbitré. Bruxelles est officiellement bilingue, et « bilingue » se traduit, pour un employeur, par deux annonces plutôt que par une seule dans la langue qui vous arrange. Un poste à Gand se publie en néerlandais ; un poste à Liège en français ; un poste à Bruxelles, le plus souvent, dans les deux.
Transparence, et elle pèse ici plus qu’ailleurs : nous vendons un logiciel de recrutement, et sur les dix canaux cités, notre flux de diffusion en atteint quatre. La Belgique est le marché de cette série où l’écart entre ce que nous pouvons réserver pour vous et ce que le marché utilise réellement est le plus large. Écrire l’inverse aurait donné une page plus courte et beaucoup moins utile : si vous recrutez en Belgique de façon régulière, votre liste de canaux comportera des relations directes, quel que soit l’outil que vous utilisez.


