ESG dans le recrutement
Aussi appelé:environnement, social, gouvernance, critères ESG, reporting ESG
La diversité, l'équité et l'inclusion relèvent de la pratique RH elle-même. L'ESG est le cadre de reporting qui l'englobe : une partie oblige à publier des données proches de celles du DEI, le reste du rapport porte sur les émissions et la gouvernance, sans lien avec le recrutement.
Ce que recouvre l’ESG
La directive CSRD, directive (UE) 2022/2464 du 14 décembre 2022, impose aux grandes entreprises et aux entreprises cotées de l’UE de publier des informations de durabilité aux côtés de leurs comptes financiers. Le contenu de ce rapport est défini par les normes européennes de reporting de durabilité (ESRS), fixées par le règlement délégué (UE) 2023/2772. Une de ces normes, ESRS S1 « Effectif propre », est celle qui fait sortir l’ESG du seul reporting financier pour demander des chiffres au service RH : répartition femmes-hommes dans l’encadrement supérieur, écart de rémunération entre femmes et hommes, part de salarié·e·s en situation de handicap, couverture par la négociation collective.
Le calendrier d’application a déjà été révisé. Les entreprises déjà soumises à l’ancienne directive NFRD publient depuis l’exercice 2024. Un deuxième groupe de grandes entreprises et un troisième groupe de PME cotées devaient suivre en 2025 et 2026, mais la directive dite « stop the clock » d’avril 2025 a repoussé ces deux échéances d’environ deux ans, le temps de simplifier les normes elles-mêmes.
Où s’arrête l’ESG, où commence la pratique RH
ESRS S1 n’est qu’une norme parmi dix dans l’ensemble des ESRS, et à l’intérieur même de S1, les indicateurs de diversité et de rémunération ne représentent qu’une poignée de lignes à côté de la santé-sécurité et du dialogue social. L’essentiel d’un rapport ESG couvre l’empreinte carbone, la chaîne d’approvisionnement et la gouvernance du conseil d’administration, des sujets qui ne concernent en rien la manière dont une entreprise recrute. Une offre d’emploi qui affiche « employeur engagé ESG » s’appuie donc, la plupart du temps, sur un document où le recrutement n’occupe qu’une note en bas de page. Le DEI se situe de l’autre côté de cette ligne : ce qu’une entreprise fait réellement en entretien et au moment de fixer une rémunération, pas ce qu’elle en publie une fois par an.
Cette note en bas de page va d’ailleurs rétrécir. L’EFRAG, l’organisme technique derrière les ESRS, a remis le 3 décembre 2025 son avis technique à la Commission européenne en proposant une réduction de 61 % du nombre de points de données obligatoires par rapport à la version initiale des normes. Le rapport auquel renvoie une offre d’emploi aujourd’hui sera donc, à terme, plus court, pas plus détaillé.
Comment trancher face à une mention ESG
Join ne vend pas d’outil de reporting ESG, cette recommandation ne nous rapporte donc rien : une mention ESG non sourcée dans une offre d’emploi mérite la même méfiance que n’importe quelle affirmation RH non vérifiable. Le test tient en une question : l’entreprise renvoie-t-elle vers le rapport de durabilité réel, avec le chiffre correspondant, ou se contente-t-elle du sigle seul ? Une entreprise soumise à la CSRD et prête à publier son écart de rémunération n’a rien à perdre à y renvoyer depuis l’offre d’emploi qui s’en prévaut. Celle qui ne le fait pas dit, par son silence, quelque chose d’aussi précis que si elle l’avait écrit.
Questions fréquentes
L'ESG et le DEI, est-ce la même chose ?
Le reporting ESG est-il obligatoire dans l'UE ?
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