Assistant·e de direction

FranceConfirmé·e

Questions d'entretien structurées pour Assistant·e de direction, avec ce qu'une bonne réponse révèle pour chacune.

  1. ComportementaleOrganisation et priorisation

    Décrivez la dernière fois où vous avez géré plusieurs urgences en parallèle pour votre dirigeant·e (un déplacement à reprogrammer, un comex à recaler, un dossier confidentiel à finaliser). Comment avez-vous priorisé ?

    Ce qu'une bonne réponse révèle

    Capacité à hiérarchiser sans paniquer : critère explicite de priorisation (impact business, deadline réelle vs. perçue, niveau d'attente du·de la dirigeant·e), communication ascendante sur ce qui glisse, négociation d'un délai sur une urgence non vraiment urgente. Bonus : la·le candidat·e mentionne avoir consulté le·la dirigeant·e sur l'arbitrage final. Les candidat·e·s qui décrivent « j'ai tout fait sans dormir » révèlent un manque de discrimination des sujets et finissent en burn-out.

  2. ComportementaleAnticipation des besoins

    Parlez-moi d'une fois où vous avez détecté qu'une décision de votre dirigeant·e allait poser un problème (oubli d'un sujet sensible, conflit d'agenda non vu, engagement contradictoire avec un précédent). Comment l'avez-vous remonté ?

    Ce qu'une bonne réponse révèle

    Anticipation et capacité à challenger sans braquer : la·le candidat·e décrit la détection précoce, la formulation de la remontée (privée, en amont, avec une proposition alternative et non un simple signalement), et la posture sereine si le·la dirigeant·e maintient sa décision. Bonus : il·elle cite un cas où sa remontée a évité un dégât tangible. Les candidat·e·s qui « exécutent ce qui est demandé » sans regard critique ne joueront pas le rôle de filet de sécurité attendu.

  3. ComportementaleDiscrétion et confidentialité

    Décrivez un moment où vous avez dû gérer une information très sensible (sujet RH, décision stratégique non annoncée, dossier juridique, donnée financière confidentielle). Comment avez-vous protégé la confidentialité au quotidien ?

    Ce qu'une bonne réponse révèle

    Réflexes de discrétion structurés : la·le candidat·e cite des gestes concrets (verrouillage de session, dossiers protégés, conversations en bureau fermé, absence de bavardages avec d'autres assistant·e·s). Bonus : elle·il mentionne avoir refusé de répondre à une question légitime mais indiscrète d'un·e collègue ou d'un·e fournisseur·euse. Les candidat·e·s qui parlent en généralités (« je suis discret·ète ») sans exemple concret sont rarement à la hauteur des sujets sensibles d'un comex.

Playbook d'évaluation

Le rôle d'Assistant·e de direction se signale à travers quatre stades d'évaluation. Le cas pratique (stade 3) est central et largement sous-utilisé : sans mise en situation concrète sur un agenda complexe et un écrit stratégique, il est très difficile de distinguer un·e candidat·e organisé·e d'un·e candidat·e qui parle d'organisation. La posture face au comex (stade 2) est le second signal clé : un·e excellent·e Assistant·e qui ne sait pas tenir tête à un·e dirigeant·e sera vite contourné·e.

  1. Stade 1: Lecture du CV

    Cherchez la stabilité (durée de poste minimale 24 mois sur les rôles d'assistanat de direction précédents) et la cohérence du niveau servi (un·e Assistant·e qui n'a servi que des middle managers n'opère pas comme un·e Assistant·e qui a servi un comex). Discount : multiplication de postes d'assistanat de 12 mois (signal d'inconfort dans le rôle ou de mauvais fit répété), ou progression descendante en taille d'entreprise (souvent un·e candidat·e qui n'a pas tenu la pression d'un grand groupe). Vérifiez la nature exacte du périmètre décrit : « gestion d'agenda et de courrier » sans mention d'arbitrage de priorités, d'écrits stratégiques ou de coordination de comex décrit un·e secrétaire, pas un·e Assistant·e de direction.

  2. Stade 2: Phone screen (30 min)

    Trois questions seulement : (1) « Décrivez exactement votre périmètre actuel : qui vous servez, combien de personnes, quel est leur niveau hiérarchique, quels sujets sensibles passent par vous ? », (2) « Racontez-moi la dernière fois où vous avez dit non à un·e dirigeant·e ou poussé une recommandation contre son avis initial » (vérifie la posture de partenariat), (3) « Pourquoi cherchez-vous à changer maintenant ? » (récit clair vs. dispersé, vs. fuite d'une situation difficile). Sortie : go / no-go en 5 min de débrief, pas plus.

  3. Stade 3: Cas pratique (90 min, à domicile + restitution)

    Envoyez en amont une mise en situation réaliste : un agenda d'une semaine du·de la dirigeant·e à arbitrer (8-10 demandes contradictoires, 2-3 voyages possibles, un comex à caler) plus un écrit court à produire (par exemple un mail de relance à un investisseur, un compte-rendu de comex de 2 pages, ou une note de cadrage pour un séminaire à 50 personnes). Demandez le livrable 48 h avant l'entretien suivant ; consacrez 30 min en présentiel à le décortiquer ensemble. Évaluez la rigueur de la méthode d'arbitrage, la clarté de l'écrit, et la capacité à demander les bonnes questions de cadrage avant de produire.

  4. Stade 4: Entretien avec le·la dirigeant·e servi·e (60 min)

    Le·la dirigeant·e que la·le candidat·e servira directement doit conduire au moins un entretien complet ; pas de filtre RH intermédiaire à cette étape. Le matching personnel est décisif sur ce poste : intuition, rythme, niveau d'exigence, tolérance au stress, façon de communiquer. Posez les questions de valeurs (3 questions du set ci-dessous) et observez la dynamique relationnelle en temps réel. Un·e Assistant·e excellent·e qui ne s'accorde pas avec le·la dirigeant·e ne tiendra pas 12 mois.

Comment reconnaître une excellente recrue

CompétenceSous la barreAu niveauAu-dessus
Organisation et priorisationRéactif·ve aux demandes mais sans système : agenda en post-it, suivi de dossiers dispersé, oublis récurrents sur les sujets non-urgents. Pas de logique de blocs de temps protégés pour le·la dirigeant·e.Système structuré : agenda piloté avec créneaux protégés, suivi de comex et de voyages documenté, cadence hebdomadaire de revue avec le·la dirigeant·e. Anticipe les sujets récurrents (reportings, comex, déplacements) sans rappel.Référent·e méthode de la direction : process documentés et partagés avec les autres assistant·e·s ou directions, capable de structurer un sujet nouveau (voyage international, gestion d'un board, organisation d'un événement à 100+ personnes) en quelques jours. Le·la dirigeant·e gagne 5-8 h par semaine grâce à la qualité du pilotage.
Discrétion et confidentialitéParle facilement des sujets confidentiels avec d'autres assistant·e·s ou collègues, par déformation professionnelle ou par recherche de validation. Pas de réflexes structurés de protection des documents sensibles.Réflexes solides : verrouillage de session, classement protégé des dossiers sensibles, absence de bavardages avec les autres équipes. Sait refuser une demande indiscrète sans braquer.Référent·e de confiance pour le·la dirigeant·e et le comex : peut tenir un dossier de cession, un sujet RH stratégique, ou une donnée financière confidentielle pendant des mois sans aucune fuite. Sait refuser un accès à un·e collaborateur·rice senior sous pression sans dégrader la relation.
Rédaction et synthèseComptes-rendus longs et désorganisés, mails de la·du dirigeant·e à reprendre avant envoi, fautes d'orthographe récurrentes. Difficulté à distinguer décisions, actions et discussions dans un livrable écrit.Écrits structurés et propres : comptes-rendus de comex en 2 pages avec décisions et actions, mails au nom du·de la dirigeant·e qui passent sans retouche, notes de cadrage exploitables. Maîtrise de la rédaction française à un niveau professionnel.Plume reconnue par la direction : capable de rédiger un mail à un·e investisseur·euse, une note de board, ou un compte-rendu de réunion stratégique au niveau d'exigence d'un·e dirigeant·e exécutif·ve. Maîtrise de l'anglais business à l'écrit si la fonction le requiert.
Posture face à un dirigeantPosture d'exécution pure : « ce qui est demandé est fait », pas d'anticipation, pas de remontée critique. Ou à l'inverse posture de confrontation permanente qui dégrade la relation.Posture de partenariat : anticipe les besoins, remonte les sujets sensibles en amont, sait dire non en proposant une alternative. Relation de confiance équilibrée entre service et capacité à challenger.Sparring partner reconnu·e du·de la dirigeant·e : sait quand pousser une recommandation contre l'avis initial, quand protéger l'agenda contre la sur-sollicitation, quand alerter sur une dégradation. Reconnu·e par la direction comme un·e partenaire qui protège plutôt qu'un·e exécutant·e.
Anticipation des besoinsAttend les demandes pour agir. Réactif·ve sur les urgences mais ne détecte pas les sujets qui vont arriver dans 2-3 semaines. Pas de regard sur l'agenda en projection.Anticipe les sujets récurrents (renouvellements, reportings, voyages, comex) ; prépare les dossiers en amont avec les bonnes informations. Détecte les conflits d'agenda 2-3 semaines à l'avance.Anticipe sur 1-3 mois : prépare les voyages internationaux 6-8 semaines en amont avec plans B, identifie les conflits de calendrier stratégiques (board vs. déplacement client) avant qu'ils n'apparaissent, prépare les dossiers de comex avec les éléments contextuels que le·la dirigeant·e oublierait de demander.

Plan 30/60/90 jours

À J+30

  • Cartographie complète des parties prenantes du·de la dirigeant·e servi·e (comex, board, principaux clients, investisseur·euse·s, partenaires) avec leurs codes de communication et leurs priorités
  • Audit de l'agenda des 8 dernières semaines : identification des patterns récurrents, des créneaux protégés à instaurer, des réunions à reformater
  • Premier 1:1 documenté avec le·la dirigeant·e sur ses préférences de fonctionnement (canal favori, délai de validation, niveau d'autonomie, sujets confidentiels stricts)
  • Reprise en main de la cadence du comex (ordre du jour partagé en amont, structure de compte-rendu standard, suivi des actions)

À J+60

  • Cadence hebdomadaire de revue d'agenda avec le·la dirigeant·e installée (30 min en début ou fin de semaine)
  • Premier voyage international ou déplacement complexe piloté de bout en bout avec un plan B documenté sur les rendez-vous critiques
  • Compte-rendu de comex livré sous 24 h après chaque réunion, avec suivi des actions partagé en amont du comex suivant
  • Procédures écrites pour les sujets sensibles récurrents (gestion d'un board call, organisation d'un comex, préparation d'un voyage international, gestion d'un dossier confidentiel)

À J+90

  • Cadence opérationnelle stable et tenue (aucun sujet récurrent ne glisse, deadlines tenues sur 8-10 semaines consécutives)
  • Première posture de challenge active vers le·la dirigeant·e : recommandation pour protéger un créneau, suggestion de report d'une réunion non critique, alerte sur une charge excessive
  • Bilan formel avec le·la dirigeant·e : ce qui fonctionne bien, axes de progression identifiés pour les 90 jours suivants
  • Relation de confiance établie avec le comex et les principaux interlocuteur·rice·s externes ; aucun bypass de l'Assistant·e par les parties prenantes principales
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