Le constat : la portée compte plus que les fonctionnalités
Join vend des logiciels de recrutement à des petites entreprises depuis 2018, et les besoins de base qu’un logiciel de suivi des candidatures (ATS) doit couvrir pour une petite équipe sont désormais bien connus : publier une offre d’emploi sur plusieurs sites d’emploi à la fois, réunir les candidat·e·s dans un seul pipeline plutôt que dans une boîte mail, planifier les entretiens, donner à l’équipe un endroit pour commenter, proposer une page carrière. La plupart des outils de cette page couvrent tout cela ; là où l’un d’eux a une lacune, l’entrée correspondante le dit.
Le premier point de cette liste pèse bien plus lourd que les autres. Ce qui bloque vraiment une petite entreprise n’est presque jamais le processus. C’est le nombre de candidatures : sans marque employeur, peu de candidat·e·s vous cherchent activement, donc vous récupérez celles et ceux que votre offre atteint réellement. La portée et le coût du multi-posting comptent plus que n’importe quelle fonctionnalité de pipeline — les grilles d’évaluation et les automatisations ne servent à rien pour un poste qui reçoit une poignée de candidatures par mois.
Au-delà de la portée, ce qui distingue ces outils, c’est leur prix, leur durée d’engagement, et ce qu’ils donnent après deux semaines d’usage réel. Le prix et l’engagement sont des faits, nous avons donc lu chaque page tarifaire des éditeurs et les avons notés. Le ressenti, vous seul·e pouvez le juger ; la fin de cet article explique comment le tester gratuitement.
Les preuves : la moitié du marché cache son prix
Sur les dix outils qu’une petite entreprise a le plus de chances de shortlister en 2026, seuls trois affichent un tarif exploitable : Workable, Zoho Recruit et Join. Les sept autres passent par un devis, sous une forme ou une autre. La page tarifs de Recruitee décrit des paliers par effectif sans montant, celle de Teamtailor renvoie vers un formulaire de contact, Personio facture sur devis après démo, avec des frais de mise en place et un engagement minimum de douze mois sur les contrats annuels, et Factorial annonce “à partir de 8 $ par utilisateur”, mais ce tarif ne couvre que le socle RH sans le module recrutement. Signe notable pour un lecteur français : les trois éditeurs français de cette liste — Beetween, Flatchr et Taleez — fonctionnent eux aussi tous sur devis, sans exception.
Pour une entreprise de dix salarié·e·s, c’est plus qu’un désagrément. Une page uniquement sur devis impose un appel commercial avant même de savoir si l’outil coûte un mois de salaire junior ou trois, et le prix qui en ressort reflète souvent ce que cet appel a révélé sur vous. Une petite entreprise devrait pouvoir budgéter un logiciel de recrutement directement depuis le site.
Dix outils, par ordre alphabétique. Sources et détails suivent sous le tableau.
| Outil | Prix d’entrée | Idéal pour | Engagement minimum |
|---|---|---|---|
| Beetween | Sur devis uniquement | Logiciel de recrutement 100 % français | 1 an |
| Factorial | Sur devis uniquement | Suite RH facturée par utilisateur | 1 mois |
| Flatchr | Sur devis uniquement | Recrutement terrain, réseaux et franchises | 1 mois |
| Join | 20 € / offre / mois | Trouver des candidat·e·s vite | 1 mois |
| Personio | Sur devis uniquement | Suite RH avec recrutement inclus | 1 an |
| Recruitee | Devis, selon l’effectif | Recrutement collaboratif pour une équipe européenne | 1 an |
| Taleez | Sur devis uniquement | ATS pour PME et ETI, multidiffusion interne | 1 mois |
| Teamtailor | Sur devis uniquement | Marque employeur et page carrière d’abord | 1 an |
| Workable | 299 $ / mois, par palier d’effectif | Un seul outil pour tout le périmètre recrutement | 1 mois |
| Zoho Recruit | 30 € / recruteur·euse / mois | Équipes déjà sur Zoho | 1 mois |
Beetween se présente comme un logiciel de recrutement 100 % français, basé à Paris depuis 2007. Aucun prix n’est publié sur le site ; le devis dépend d’un engagement de 12, 24 ou 36 mois, avec un tarif dégressif selon la durée choisie. Les avis Capterra, peu nombreux (8 au total), sont partagés : plusieurs éloges, mais aussi une critique sur le support client après-vente. Pas d’essai gratuit confirmé, seulement une démo sur demande.
Factorial est une plateforme RH barcelonaise qui se présente elle-même comme “le système RH pour les PME”, où le recrutement est un module payant parmi d’autres, au-dessus d’une offre Core facturée par utilisateur. Les “8 $ par utilisateur” mis en avant couvrent Factorial Core, qui n’inclut pas le recrutement ; pour recruter, c’est un devis, pas un prix. Les offres mensuelles existent et se résilient sans pénalité, selon la FAQ tarifaire.
Flatchr cible le recrutement de terrain : réseaux, franchises et entreprises multi-sites dans le retail, l’hôtellerie-restauration, la santé ou l’automobile. Fondé à Paris en 2015, aucun prix n’est publié ; deux modes de paiement existent, mensuel sans engagement ou annuel avec trois mois de préavis pour résilier. Essai gratuit de 14 jours. Le paiement de l’offre annuelle se fait par virement ou chèque : la carte bancaire n’est pas acceptée. Données hébergées dans l’Union européenne.
Join, c’est nous. Une seule publication atteint 10+ sites d’emploi organiques et 250+ payants, avec Quick Apply sur 7 des principaux, et chaque candidat·e arrive dans un seul pipeline ; 20,000+ entreprises pilotent leur recrutement dessus. Le tarif est public : 20 € par offre, par mois, sans engagement. Comme le prix est calculé par offre et non par utilisateur ou par salarié·e, une équipe du commerce ou de l’hôtellerie-restauration peut ouvrir une dizaine de postes avant un pic saisonnier, puis redescendre à deux une fois le pic passé, sans rien renégocier.
Personio a la même logique que Factorial, depuis Munich : un achat de système RH où le recrutement arrive en application payante sur l’offre Core, ce qui empêche d’acheter l’ATS seul. Pertinent si vous voulez regrouper dossiers du personnel, absences et recrutement au même endroit ; l’éditeur se positionne pour des entreprises de 10 à 5 000 salarié·e·s. Les contrats annuels ont un engagement minimum de douze mois, plus des frais de mise en place.
Recruitee est construit à Amsterdam pour les équipes européennes qui recrutent collectivement. Les tarifs sont échelonnés par offre et par effectif sans montant public ; l’offre Start est présentée par l’éditeur comme faite “pour les équipes en phase de démarrage qui construisent leurs fondations de recrutement”, autorise cinq postes actifs, et impose un engagement minimum d’un an, à l’intérieur duquel le paiement mensuel reste possible.
Taleez, basé à Toulouse depuis 2016, se positionne explicitement “pour les PME et ETI” — exactement le lecteur de cet article, avec 700 entreprises clientes revendiquées. Son argument : la multidiffusion (90+ sites d’emploi, dont France Travail et Welcome to the Jungle) est internalisée plutôt que sous-traitée à un prestataire tiers, ce qui rejoint directement ce que défend ce guide sur la portée. Aucun prix n’est publié, mais l’abonnement existe au choix en mensuel ou en annuel ; la reconduction s’arrête avec un jour de préavis, mais un engagement annuel reste dû en totalité jusqu’à son terme, ce n’est pas résiliable en cours d’année. Données hébergées en France, conformité RGPD annoncée.
Teamtailor, basé à Stockholm, met la page carrière au centre et l’entoure d’offres et d’utilisateurs illimités. Si votre problème, c’est trop peu de candidatures, c’est le bon bout du entonnoir à traiter. Il n’existe aucun prix public en revanche, vous parlerez donc au commercial avant de pouvoir budgéter. Prévoyez un engagement annuel : la facturation fonctionne en premières années avec renouvellements ensuite.
Workable est le plus complet des outils à prix public. L’offre Standard démarre à 299 $ par mois, par palier d’effectif, avec un essai de 15 jours en fonctionnalités complètes. À vérifier avant de comparer : SMS aux candidat·e·s, entretiens vidéo et tests sont des options payantes sur Standard. Fondé à Athènes, avec des bureaux à Boston et Londres — le plus européen des outils facturés en dollars.
Zoho Recruit est le choix le plus abordable parmi les tarifs publics : 30 € par recruteur·euse et par mois, ou 25 € en engagement annuel sur l’offre Standard, plus une offre gratuite permanente avec un poste actif. Deux limites à vérifier avant d’acheter : Standard autorise dix postes actifs par licence, et certaines fonctions qu’on suppose incluses (entretiens vidéo, postes supplémentaires) sont payantes. Zoho exploite des centres de données européens aux Pays-Bas et en Irlande.
Ce que ça donne à cette échelle, Shayp le montre : une entreprise de 33 salarié·e·s basée à Bruxelles, qui recrute dans cinq pays et a doublé son volume de candidatures après avoir regroupé son recrutement sur une seule plateforme. Sa responsable RH, Simona Marano, décrit l’avant dans des termes qu’on entend de la plupart des équipes de cette taille : « Avant Join, notre recrutement n’était pas bien structuré et le processus était extrêmement long. »
L’objection : et si vous avez besoin de plus ?
On pourrait objecter que la portée ne suffit pas — qu’une petite entreprise a aussi besoin d’une plateforme RH complète, ou d’un outil taillé pour un service recrutement dédié. C’est vrai dans certains cas, mais pas de la façon dont on le pense d’habitude.
Si une suite RH complète compte plus que l’ATS lui-même, Personio et Factorial méritent un vrai regard : les deux couvrent la paie, les absences et le recrutement au même endroit, au prix d’un engagement annuel et d’un devis obligatoire. Teamtailor répond à un besoin différent, celui d’une page carrière soignée avant tout.
Greenhouse, Lever et Ashby figurent sur la plupart des listes « meilleurs ATS », et nous les avons volontairement écartés des dix ci-dessus. Ni Greenhouse ni Lever ne publie de prix. Les données de contrats négociés de la plateforme d’achat Vendr situent le contrat médian Greenhouse à 26 646 $ par an et le contrat médian Lever à 15 400 $ par an — des estimations tierces, pas des prix catalogue, mais le bon ordre de grandeur pour budgéter. Employ, la maison mère de Lever, vend d’ailleurs JazzHR comme son propre produit pour les petites entreprises, ce qui montre où Employ situe Lever. Ashby publie au moins son plancher : 400 $ par mois jusqu’à 100 salarié·e·s, soit 40 $ par personne et par mois pour une entreprise de dix salarié·e·s, avant options. Les trois sont calibrés pour des entreprises avec une fonction recrutement dédiée. À reconsidérer une fois que vous en aurez recruté une.
Ce qu’il faut faire
Les prix affichés ci-dessus sont dans des unités différentes : par entreprise, par poste utilisateur, par recruteur·euse, par palier d’effectif, par offre publiée. Ramenez chaque outil présélectionné à un coût annuel selon votre taille et votre volume de recrutement avant toute autre comparaison, et posez deux questions à chaque démo : combien de postes actifs le forfait autorise-t-il, et lesquelles des fonctionnalités montrées sont des options payantes ? Quand un prix ci-dessus est en dollars, convertissez au taux du jour et demandez dans quelle devise la facture arrive réellement ; sur un contrat en dollars, le risque de change est pour vous.
Ce qu’il reste à comparer ensuite, c’est la portée et le ressenti, et les deux ne se voient qu’à l’essai. Présélectionnez deux outils et faites passer le même poste réel par les deux essais gratuits ; la plupart durent 14 à 18 jours sans carte bancaire. Comparez le nombre de candidatures que chacun rapporte — c’est la portée du multi-posting, mesurée sur votre propre poste —, comptez les clics entre « offre rédigée » et « premier entretien programmé », et observez lequel des deux outils vos hiring managers ouvrent d’eux-mêmes, sans qu’on le leur rappelle. Consultez les plateformes d’avis pendant l’essai : Join affiche 4.2 sur G2 et 4.6 sur Capterra, chaque outil ci-dessus a une page équivalente, et les avis à une étoile en disent plus long que ceux à cinq étoiles.
Les prix, plafonds et noms d’offres de cet article ont été relevés sur les sites des éditeurs le 5 août 2026 et évolueront. Si un tarif a changé chez un éditeur, signalez-le-nous et nous corrigerons.


